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Echos du congrès 2026 de l'European Heart Rhythm Association

L’European Heart Rhythm Association (Ehra) est une branche de l’European Society of Cardiology (ESC). Elle a été officiellement lancée en 2003 et compte plus de 2.000 cardiologues et autres professionnels. L’Ehra a pour objet d’améliorer la qualité de vie et de réduire la mort subite d’origine cardiaque en limitant l’impact des arythmies cardiaques. Le congrès 2026 de l’Ehra s’est tenu pour la première fois à Paris du 12 au 14 avril.

Nous vous proposons un résumé des  présentations.

L’essai Facil-AF confirme l’intérêt de l’électroporation pour le traitement de la fibrillation auriculaire paroxystique et l’essai Perfect-Paf démontre également la non-infériorité de l’électroporation par rapport à la cryo-ablation

L’essai Facil-AF est un essai prospectif multicentrique randomisé de non-infériorité, de validation en vie réelle, mené auprès de 354 patients de 7 centres français, atteints de fibrillation auriculaire (FA) paroxystique symptomatique. Les patients du premier groupe ont été traité avec le dispositif d’électroporation Farapulse de la sociét Boston Scientific et ceux du second par cryo-ablation. A un an, le taux de récidive de FA était de 14,4 % dans le groupe électroporation contre 18,6 % dans le groupe cryoablation et le taux de complications était de 1,2 % dans le groupe électroporation contre 3,5 % dans le groupe cryo-ablation, écarts significatif au plan statistique. En outre, la durée de l’intervention était  plus courte pour l’électroporation. Cet essai est en faveur de la non-infériorité de l’électroporation par rapport à la cryo-ablation.

L’essai Perfect-Paf multicentrique multinational européen randomisé de non-infériorité portant sur 269 patients devant subir une première ablation pour le traitement d’une FA paroxystique, comparait également l’électroporation réalisée avec le dispositif Farapulse à la cryo-ablation. Le critère principal de l’essai était l’incidence de toute récidive de tachyarythmie auriculaire (FA, flutter auriculaire, tachycardie sinusale) de plus de 30 secondes entre 61 et 365 jours. Il a concerné 86,6 % des patients du groupe électroporation contre 77,8 % du groupe cryo-ablation. Le taux d’évènements indésirables à 30 jours était significativement inférieur dans le groupe électroporation (0,7 % contre 8,1 %). La durée de la procédure était également plus courte pour le groupe électroporation. Selon l’investigateur principal, l’électroporation a « presque atteint » la supériorité.

Lire l’article publié par Cardio-online

Récidives de FA après ablation et risque d’AVC et d’embolie systémique

L’essai Ocean avait confirmé que la prophylaxie par aspirine chez les patients ayant reçu un traitement d’ablation de la fibrillation auriculaire réussi, sans récidive d’arythmie pendant un an était suffisante (voir notre publication du 25 novembre 2025). Une sous-analyse de cet essai a été menée dans le but de déterminer l’incidence des récidives d’arythmie auriculaire après ablation réussie, portant sur 1.284 patients sans récidive durant un an sous traitement anticoagulant. Ils ont été randomisés entre la poursuite de l’anticoagulation avec rivaroxaban et l’arrêt de l’anticoagulation remplacée par l’aspirine. Le critère principal d’efficacité était le taux d’AVC, d’embolies systémiques ou d’AVC emboliques infra-cliniques. Durant la période de suivi médiane de 36 mois, le taux de récidives de l’arythmie auriculaire a été de près de 19 %. Le critère principal était de 1,7 % chez les patients avec récidive d’arythmie contre 1,0 % chez les patients n’ayant pas eu de récidive, différence non statistiquement significative. Aucune différence n’a été non plus observée sur le critère de sécurité hémorragique. Les auteurs concluent que le risque d’AVC ou d’embolie systémique est faible et équivalent qu’il y ait eu ou non une récidive de l’arythmie.

Cardioversion pharmacologique chez les patients coronariens atteints de FA paroxystique

La cardioversion pharmacologique est la stratégie de première ligne pour le contrôle du rythme chez les patients stables atteints de FA paroxystique. Chez les patients coronariens, la seule option est l’amiodarone, le flécaïnide (l’acétate de flécaïnide allonge les temps de conduction intra-auriculaire, nodale et intra-ventriculaire) étant contre-indiqué depuis l’essai Cast publié en 1989. L’essai Fleca-ED, présenté au congrès de l’Ehra porte sur 87 patients atteints de FA paroxystique depuis moins de 48 heures sans anticoagulant oraux, ou moins de 7 jours avec anticoagulants oraux, atteints d’une maladie coronaire, sans ischémie résiduelle. Ces patients ont été randomisés entre le flécaïnide et l’amiodarone, tous deux en injection intraveineuse. La sécurité du flécaïnide dans les six premières heures était similaire à celle de l’amiodarone. Le taux de cardioversion réussie était significativement plus élevé dans le groupe flécaïnide que dans le groupe amiodarone à 6 heures, mais aussi dès 2 heures et  4 heures. La conversion était obtenue significativement plus rapidement avec le flécaïnide (20 minutes contre 244 minutes). Enfin, le taux d’hospitalisation était significativement plus faible dans le groupe flécaïnide. Il convient donc de s’interroger sur la contre-indication généralisée du flécaïnide en cas de maladie coronaire qui devra faire l’objet d’autres essais cliniques.

Lire l’article publié par Cardio-online

Stratégie de traitement d’une FA persistante débutante

Il est admis que le traitement en première intention de la FA persistante par cryo-ablation par ballonnet est supérieur au traitement médicamenteux anti-arythmique. L’essai chinois Cepaf porte sur 320 patients atteints de fibrillation atriale persistante depuis 7 jours à un an, n’ayant pas reçu de traitement de plus de 7 jours par anti-arythmiques, randomisés entre la cryo-ablation et un traitement anti-arythmique. Un premier évènement d’arythmie auriculaire entre 91 et 365 jours après le début du traitement est survenu chez près de 21 % des patients traités par cryothérapie contre 51 % des patients traités par anti-arythmiques, différence significative au plan statistique. Les récidives précoces étaient également significativement moins fréquentes avec la cryo-ablation. Les évènements indésirables étaient plus fréquents dans le groupe anti-arythmique. Cet essai confirme l’intérêt de la cryo-ablation en première intention pour le traitement de la FA persistante débutante.

Lire l’article publié par Cardio–online

Optimisation de l’accès veineux en vue de l’ablation de la FA

L’essai allemand Ulysse a inclus 986 patients atteints de FA ou de tachycardie sinusale gauche traités par ablation par cathéter, randomisés entre un abord veineux guidé par échographie et un abord veineux après palpation. Le taux de complications du site d’accès veineux (fistule artério-veineuse, faux anévrisme ou hémorragie de la voie d’abord nécessitant une intervention ou une prolongation de l’hospitalisation) à 30 jours était de 0,6 % avec le guidage échographique, contre 3,3 % pour la palpation. Le guidage échographique était également associé à une réduction de 87 % du risque de ponction artérielle involontaire et de 98 % du risque de tentative d’accès veineux infructueuse nécessitant de passer à l’autre technique. Cet essai confirme l’intérêt du guidage échographie pour optimiser l’abord veineux. Il a d’ailleurs été arrêté prématurément compte tenu des résultats obtenus avec la moitié des patients initialement prévus.

Lire l’abstract publié par l’Européean Heart Journal (en anglais)

 

 

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