
Dans un article publié sur son site le 30 juin 2026, Medscape (Massimo Sandal) analyse les résultats d’une étude italienne publiée dans la revue Science portant sur les rapports entre rythme cardiaque et cancer. Le cœur est l’un des organes les moins touchés par le cancer. Même les métastases qui l’atteignent, bien que plus fréquentes, ont tendance à rester petites et silencieuses, souvent découvertes par hasard. On sait que le cœur possède une faible capacité de régénération : après la naissance, les cardiomyocytes cessent presque entièrement de se diviser et ne se renouvellent ensuite qu’à un rythme d’environ 1 % par an. Si la charge mécanique diminue, comme chez les patients sous assistance ventriculaire gauche, les cardiomyocytes recommencent à montrer des signes de prolifération. D’où la question posée par les chercheurs : si la charge mécanique freine les cellules saines du cœur, pourrait-elle en faire de même avec les cellules tumorales ? Dans une première expérience, les chercheurs ont induit deux altérations génétiques typiques de nombreuses tumeurs humaines dans le foie, le muscle squelettique et le cœur de sept souris. Des tumeurs sont apparues dans différentes régions, mais jamais dans le cœur. Afin d’isoler le rôle de la force mécanique, les chercheurs ont eu recours à une greffe hétérotopique du cœur : le cœur d’une souris donneuse est relié aux vaisseaux du cou d’un animal receveur, de manière à rester irrigué par le sang mais sans subir de charge mécanique. En injectant des cellules d’adénocarcinome pulmonaire à la fois dans le cœur natif, soumis à une charge, et dans le cœur greffé, non soumis à une charge, du même animal : au bout de 14 jours, dans le cœur non soumis à une charge mécanique, la tumeur avait remplacé la quasi-totalité du tissu sain, tandis que dans le cœur natif, elle n’occupait qu’à peine 20 % du ventricule. En étudiant l’expression génique, tant dans les métastases cardiaques humaines que dans les cellules tumorales de souris injectées dans des cœurs soumis ou non à une contrainte mécanique, les chercheurs ont confirmé que la stimulation mécanique induit l’expression de gènes qui remodulent l’accessibilité de la chromatine. Cela permet, par effet en cascade, l’expression de différents gènes qui freinent la division cellulaire. Les chercheurs ont enfin identifié l’un des maillons essentiels de la chaîne qui relie la stimulation mécanique à l’expression génique : la protéine Nesprine-2. Ces découvertes ouvrent la voie au développement de nouveaux traitements du cancer.
Lire l’abstract de l’article publié dans Science (en anglais)













