Dosage des D-dimères

Le dosage des D-dimères est un examen de laboratoire pouvant être utile pour le diagnostic de la maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) : thrombose veineuse et embolie pulmonaire.
Infos Maladie thrombo-embolique veineuse

Le dosage des D-dimères est l’examen de laboratoire qui permet de quantifier la concentration de D-dimères dans le sang.

Les D-dimères sont les produits issus de la dégradation du caillot de fibrine lors du processus physiologique de fibrinolyse. En savoir plus Coagulation et thrombose

Les valeurs normales du taux de D-dimères varient en fonction de la technique utilisée. Le plus souvent (techniques « ELISA »), les valeurs normales sont inférieures à 500 mg/L (ou 0,5 µg/mL).

Le dosage des D-dimères peut être utilisé en cas de suspicion de maladie thrombo-embolique veineuse (MTEV) : thrombose veineuse profonde ou embolie pulmonaire.
Il a pour objectif de d’exclure rapidement et de manière non invasive le diagnostic de MTEV.

En cas de thrombose veineuse profonde ou d’embolie pulmonaire, la dégradation du caillot par le processus physiologique de fibrinolyse est à l’origine d’une augmentation du taux de D-dimères.
Le taux de D-dimères augmente également dans de nombreuses autres circonstances : au cours de la grossesse, lors d’une infection, à la suite d’une intervention chirurgicale ou d’un traumatisme, en cas de cancer, avec l’âge, etc.

Ce test diagnostique a les particularités suivantes.

  • Une très grande « sensibilité », supérieure à 95 % : cela signifie que chez les patients ayant une MTEV, le test est positif dans plus de 95 % des cas. Autrement dit, les « faux négatifs » (tests négatifs chez un patient ayant pourtant une MTEV) sont rares.
  • Une faible « spécificité » : cela signifie que le test peut être positif pour d’autres raisons (voir ci-dessus). Autrement dit, les « faux positifs » (tests positifs chez un patient n’ayant pourtant pas de MTEV) sont fréquents.

Ce test a ainsi une excellente valeur diagnostique lorsqu’il est négatif, à condition toutefois que la suspicion clinique du diagnostic ne soit pas trop forte : il est alors possible d’exclure le diagnostic de MTEV avec une quasi-certitude.

Cet examen de laboratoire est réalisé à partir d’une simple prise de sang, le plus souvent en urgence.
Vous n’avez pas besoin d’être à jeun.
Le résultat est obtenu en quelques heures.

L’indication du dosage des D-dimères dépend de la probabilité clinique du diagnostic de MTEV.
En effet, le dosage des D-dimères n’est indiqué qu’en cas de probabilité faible ou intermédiaire.

La probabilité clinique du diagnostic de MTEV est évaluée par le médecin à l’aide des signes retrouvés (ou non) lors de l’examen clinique du patient : douleur du mollet, accélération du cœur, facteurs de risque de thrombose veineuse, etc.
Cette probabilité est souvent estimée à l’aide d’un score diagnostique validé attribuant un certain nombre de points aux différents signes cliniques. Plus le total des points est élevé, plus la probabilité de la maladie est forte.

Lorsque la probabilité clinique du diagnostic de MTEV est forte, le dosage des D-dimères n’est pas suffisamment fiable. Il est alors recommandé de pratiquer d’emblée un examen d’imagerie : écho-doppler veineux, angioscanner thoracique ou scintigraphie pulmonaire.
En savoir plus Écho-doppler veineux
En savoir plus Angioscanner thoracique
En savoir plus Scintigraphie pulmonaire

Lorsque la probabilité clinique du diagnostic de MTEV est faible ou intermédiaire, le résultat du dosage des D-dimères peut être interprété de la façon suivante :

  • En cas de D-dimères « négatifs » (c’est-à-dire lorsque le taux de D-dimères est inférieur au seuil retenu, habituellement 500 mg/L), le diagnostic de MTEV peut être exclu.
  • En cas de D-dimères « positifs » (c’est-à-dire lorsque le taux de D-dimères est supérieur à 500 mg/L), le diagnostic de MTEV ne peut être exclu. Ce résultat ne permet toutefois pas d’affirmer le diagnostic de MTEV. Un examen d’imagerie est alors indiqué : écho-doppler veineux, angio-scanner thoracique ou scintigraphie pulmonaire.
  • Auteur : Dr Raphaël GILBERT (médecine générale)
  • Date de publication : 22/09/2016
  • Date de dernière mise à jour : 16/11/2016