Scintigraphie pulmonaire

Qu’est-ce qu’une scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion ?

Il s’agit d’un examen d’imagerie, réalisé dans un service spécialisé de médecine nucléaire, permettant d’obtenir des images de la ventilation et de la perfusion des poumons à l’aide de produits radioactifs lors d’une suspicion d’embolie pulmonaire.
Un complément d’imagerie par scanner thoracique faible dose et sans injection de produit de contraste iodé est souvent réalisé en fin d’examen sauf chez la femme enceinte et les sujets jeunes.
L’irradiation reçue est très faible, de l’ordre de l’irradiation naturelle annuelle.

Dès lors que le médecin suspecte une embolie pulmonaire, il doit suivre un algorithme d’évaluation d’une suspicion d’embolie pulmonaire : c’est un arbre décisionnel lui permettant de choisir le (ou les) examen(s) complémentaire(s) à pratiquer en fonction de la probabilité du diagnostic d’embolie pulmonaire.
Une imagerie thoracique (angioscanner thoracique ou scintigraphie pulmonaire) est nécessaire chez environ deux tiers des patients et doit être réalisée en urgence.
Cependant, il est possible de débuter un traitement anticoagulant avant la réalisation du scanner, ce qui permet d’attendre cet examen sans risque si celui-ci n’est pas disponible dans l’immédiat. À l’inverse des services de radiologie, les services de médecine nucléaire n’assurent pas de permanence des soins 24h/24h.

La scintigraphie pulmonaire est le plus souvent réservée aux patients ayant une contre-indication à l’angioscanner thoracique (allergie aux produits de contraste iodés, insuffisance rénale, etc.) ainsi qu’à la femme enceinte et au sujet jeune en raison de sa totale innocuité et très faible irradiation.

Oui, les capacités diagnostiques de la scintigraphie pulmonaire de ventilation/perfusion ont été évaluées dans plusieurs études de très haute qualité, permettant de conforter sa place, sous réserve d’être intégrée dans un algorithme diagnostique.

Non, cet examen ne nécessite pas de préparation autre que la pose d’un cathéter veineux.
Il n’y a pas de contre-indication compte-tenu de l’urgence du diagnostic. Cependant, toute grossesse doit être déclarée au médecin nucléaire afin qu’il adapte son protocole d’examen pour limiter l’irradiation fœtale. De même, tout allaitement doit être signalé car celui-ci devra être interrompu pendant les 12 heures suivant l’examen en raison du passage du produit radioactif injecté dans le lait.

Le patient est allongé sur le dos sur la table d’examen d’un appareil appelé gamma-caméra couplé à un scanner qui tourne autour du lit pour faire des images.

L’examen se déroule en deux ou trois parties.

  1. Les images de ventilation sont obtenues en faisant respirer soit un gaz radioactif (81mKrypton) soit des aérosols radioactifs qui se distribuent de façon homogène dans le poumon normal.
  2. Les images de perfusion sont obtenues après injection dans une veine du bras de petites billes radioactives de diamètre légèrement supérieur à celui des capillaires. Elles se bloquent temporairement et de façon homogène dans les capillaires du poumon normal. Il n’a jamais été rapporté d’effets indésirables depuis plus de 40 ans d’utilisation de ce produit.
  3. Un scanner faible dose sans injection de produit de contraste iodé est souvent réalisé en fin d’examen sur la même machine.

En cas de grossesse, seul un examen de perfusion est réalisé si le service ne possède pas de 81mKrypton. Dans tous les cas l’activité injectée est diminuée et il ne sera pas réalisé de scanner complémentaire.

L’ensemble des examens dure environ 30 minutes.

Du fait de la faible dose de radioactivité administrée, il n’y a aucune précaution à prendre.
Pour les femmes enceintes ou allaitant des consignes particulières sont données.

Les images de la ventilation, perfusion et du scanner sont comparées entre-elles pour permettre une interprétation par le médecin nucléaire.

  • S’il existe une anomalie de perfusion dans le territoire d’une artère sans anomalie de ventilation alors vous avez une forte probabilité d’avoir une embolie pulmonaire. En effet, en cas d’embolie pulmonaire, un caillot bouche une artère du poumon et empêche la distribution des billes radioactives d’où un défaut de perfusion.
  • Si la perfusion est normale, elle élimine formellement le diagnostic d’embolie pulmonaire.
  • Enfin lorsqu’il existe des anomalies associées de perfusion et de ventilation, le diagnostic d’embolie pulmonaire peut être incertain. C’est alors que le scanner sans injection peut apporter une aide en orientant parfois vers un autre diagnostic que l’embolie pulmonaire.

Non, cet examen est surtout nécessaire pour le diagnostic initial de l’embolie pulmonaire.
Par contre c’est un examen-clé dans la recherche de séquelles d’embolie pulmonaire. Votre médecin peut donc le demander en cas d’essoufflement persistant après 3 mois de traitement anticoagulant.
Parfois, il peut être réalisé en fin de traitement, afin de disposer d’images de référence. Ces images seront très utiles en cas de doute sur une récidive.

  • Auteur : Pr Laurent BERTOLETTI (pneumologie)
  • Date de publication : 22/09/2016
  • Date de dernière mise à jour : 16/11/2016