
Le défibrillateur cardiaque implantable (DCI) permet de prévenir la mort subite consécutive à des troubles du rythme cardiaque. En prévention secondaire, il concerne les patients ayant fait un arrêt cardiaque récupéré ou une syncope inexpliquée. En prévention primaire, sont éligibles les patients présentant une insuffisance cardiaque sévère avec une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) inférieure à 35% malgré un traitement médical optimal depuis au moins 3 mois, une cardiomyopathie dilatée non ischémique avec une FEVG < 35 %, ou certaines pathologies génétiques rares à haut risque. Mais malgré son intérêt démontré, la FEVG ne permet d’identifier qu’une minorité de patients éligibles à la pose d’un DCI, près des 2/3 de patients implantés ne recevront jamais de choc du DCI durant toute leur vie. Une équipe américaine de l’Université de Berkeley en Californie a étudié de façon rétrospective, dans une base de données suédoise, 119 541 ECG réalisés chez 35 885 personnes, parmi lesquelles 143 sont décédées de mort subite cardiaque. Ils ont identifié une caractéristique du tracé ECG sur la dérivation aVL, une des 3 dérivations de Golberger, qui serait associée au risque de mort subite cardiaque. Cette caractéristique concernait 2,2 % des patients de la cohorte qui avaient un risque annuel de 7 % de décéder de mort subite cardiaque. Par comparaison, le critère basé sur la FEVG identifiait 1,9 % de patients ayant un risque annuel de décès de seulement 4,6 %. Bien plus, 86 % des personnes identifiées par la déformation observée sur la dérivation aVL n’étaient auparavant pas identifiées comme étant à risque car n’ayant pas de FEVG réduite. Des essais cliniques devront confirmer cette découverte encourageante.
Lire l’article publié par la revue Nature le 24 juin 2026 (en anglais)



