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JE PRENDS DES MÉdICAMENTS SANS ORDONNANCE OU J’UTILISE DES MéDECINES DOUCES

Pratiquer l’automédication ou certaines médecines douces peut s’avérer dangereux pour un patient sous anticoagulant.

1) Prendre des médicaments sans prescription médicale risque d’entraîner des conséquences qui seront d’autant plus graves que le traitement anticoagulant (surtout les AVK) est sensible à de nombreuses interactions médicamenteuses. On citera principalement :

  • l’Aspirine® 
  • les anti-inflammatoires (AINS) 
  • les antalgiques 
  • les antibiotiques 
  • les antidépresseurs 
  • les antiparasitaires 
  • les antifongiques 
  • les glucocorticoïdes 
  • les hormones thyroïdiennes 
  • les pansements gastriques

 

C’est pourquoi l’automédication est proscrite pour les patients sous anticoagulant sans un avis médical ou pharmaceutique.

 

2)  Utiliser des médecines douces, alternatives ou non conventionnelles est souvent considéré comme étant sans danger parce que renvoyant à l’idée de médecine naturelle et traditionnelle.

Or, pour le patient sous anticoagulant, certaines de ces médecines présentent un danger certain :

  • l’acupuncture 
  • l’homéopathie
  • l’utilisation de compléments alimentaires
  • la phytothérapie.

De nombreuses plantes sont en effet susceptibles de modifier les propriétés pharmacologiques de certains médicaments.

Des interactions significatives ont été relevées chez des patients traités par des anticoagulants ou des statines (médicaments contre l’excès de cholestérol) avec des plantes telles que la sauge, les graines de lin, le millepertuis, la canneberge, le goji, le thé vert ou la camomille. Selon le traitement, le ginkgo biloba peut provoquer une augmentation de l’action thérapeutique (par exemple avec les anticoagulants), ou au contraire une diminution (par exemple avec certains antirétroviraux).

De même, certains suppléments multi vitaminés ou produits de médecine douce peuvent modifier l’action des AVK. Par exemple, de fortes doses de Vitamine A et E augmentent l’effet du médicament anticoagulant, et de ce fait, accroissent le risque hémorragique.

L’huile de paraffine ou les laxatifs sont interdits sans avis médical.

La diète, le jeûne augmente l’action du médicament antivitamine K.

D’une manière générale, il convient d’être prudent, par exemple, un simple jus de pamplemousse peut perturber le mode d’action de certains médicaments.

C’est pourquoi l’utilisation des médecines douces est proscrite pour les patients sous anticoagulant sans un avis médical ou pharmaceutique.

En savoir plus :

Voir l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) rendu en avril 2023 et  relatif  à « l’évaluation de la pertinence de l’application des avertissements et recommandations exprimés dans les monographies de plantes médicinales de l’EMA (Agence européenne du médicament)  aux compléments alimentaires contenant ces mêmes plantes»

Voir notre article du 24 juillet 2024 « Edulcorants et risque d’évènements cardiovasculaires majeurs »

Voir l’article de l’ANSES du 21  mars 2025 « les compléments alimentaires, nécessité d’une consommation éclairée »

Voir l’article de Cinzia Nobile, intitulé « Thérapies « complémentaires » : bénéfices prouvés et risques » publié le 18 avril 2025 par la Revue du Praticien

Voir l’article « Mise au point sur les compléments alimentaires » publié en août 2025 par la Société française de Nutrition dans les Cahiers de nutrition et de diététique